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|    Johan Viroux to All    |
|    FRENCH CIVILIZATION: : teaching TORTURE     |
|    05 Mar 05 16:09:47    |
      From: ABC.Service.Langues@skynet.be              La France ENSEIGNAIT la TORTURE au monde entier: CIVILISATION FRANCAISE       Mouton Olivier, L'histoire secrète des escadrons de la mort, LB 04/01/15       L'enquête de la journaliste Marie-Monique Robin visait l'opération Condor,       qui a réprimé les opposants en Amérique latine dans les années 70 et 80. Au       final, elle révèle une guerre anti-subversive mondiale, au départ de la       France.       La mémoire de l'Amérique latine se réveille. Lentement, dans les pays       marqués au fer rouge par la dictature dans les années 1970 et 1980, on met       fin à l'impunité. En Argentine, le nouveau président Nestor Kirchner a       annulé les lois d'amnistie en août 2003 et, depuis, les procès commencent à       se multiplier. Au Brésil, le président Luiz Inacio Lula da Silva a enfin       accepté, au début du mois de décembre 2004, d'ouvrir les archives de la       période noire.       Au Chili, une commission d'enquête a publié, en novembre de l'an dernier, un       rapport minutieux reprenant les témoignages de 35000 personnes ayant subi       des mauvais traitements. Surtout, un procès ne semble plus inimaginable pour       Augusto Pinochet, qui a dominé le pays d'une poigne de fer entre 1973 et       1991. Le juge Juan Guzman a inculpé pour une première affaire concernant des       enlèvements et un homicide dans le cadre de l'opération Condor. D'autres       dossiers pourraient bientôt suivre...              Condor, une page noire       L'opération Condor est une page noire de l'histoire latino-américaine.       Habituée du Cône sud, la réalisatrice française Marie-Monique Robin nourrit,       il y a quatre ans, le désir d'enquêter au sujet de ce vaste plan de       répression des oppositions mené de façon concertée entre les différentes       dictatures latino-américaines de l'époque: Argentine, Bolivie, Brésil,       Chili, Paraguay et Uruguay. Les informations commencent en effet à affluer.       Pour cette journaliste, c'est le moment ou jamais de braquer les projecteurs       sur ces événements encore méconnus. Selon l'enquête menée par le juge       Guzman, l'opération Condor est née au cours d'une première réunion de       travail des services de renseignement, réalisée à Santiago entre le 25       novembre et le lor décembre 1975. L'homme à l'origine de cette initiative       est le fondateur de la police secrète du général Pinochet, Manuel Contreras.       Le dossier du juge Guzman prouve que le plan a bénéficié du soutien d'agents       des Etats-Unis. Objet de l'opération Condor? Lutter contre le "terrorisme"       et la "subversion". Des centaines de personnes ont disparu au nom de cette       mission sacrée. Martin Ahnada, un avocat paraguayen spécialiste .de cette       opération, parle de "guerre sctinte" et de "mondialisation du terrorisme".       Des mots qui ont une drôle de consonance trente ans plus tard, à l'ère de la       guerre contre le terrorisme islamiste. Mais à l'époque, en pleine guerre       froide, il s'agit d'empêcher la tache rouge communiste de se répandre. Un       mot anglais résume tout: "containment".       "C'est la première fois qu'une sorte d'agence supra-nationale unissait les       efforts de .différents services de renseignement pour mener une politique de       répression", explique Marie-Monique Robin.              (...) La source des guerres coloniales       "J'ai été amenée à plonger dans les guerres coloniales françaises", commence       la réalisatrice. Tout débute en Indochine. Le corps expéditionnaire       français, envoyé sur place peu après la Seconde Guerre mondiale, se demande       rapidement pourquoi il ne parvient pas à venir à bout du Viêt-Minh. En       février 1951, le colonel Charles Lacheroy prend, en Cochinchine, le       commandement du secteur de Bien-Hoa et développe sur le terrain une nouvelle       théorie       militaire qu'il sera appelé, par après, à conceptualiser à Paris. "En gros,       il décrit à partir du Viet-Minh l'ennemi des nouvelles guerres modernes qui       ne sont pas classiques et où il n-y a pas de front, résume Marie-Monique       Robin. Cet ennemi se trouve partout dans la société ét s'appuie sur un       appareil idéologique important. "       En 1954, Diên Biên Phù est un désastre. Et l'Algérie se profile à l'horizon.       Plus question, pour l'armée française, de se laisser humilier de la sorte.       La théorie de la "guerre révolutionnaire" est réutilisée. Avec une       efficacité redoutable, cette fois, même si la victoire militaire s'efface       derrière une défaite politique: en 1961, la France doit reconnaître       l'indépendance de son ancienne colonie. Des années plus tard, la "bataille       d'Alger" fera couler beaucoup d'encre tant les méthodes utilisées étaient       peu soucieuses des conventions. "Pour les militaires, tout est parfaitement       logique, explique pourtant l'auteur des "Escadrons de la mort". Dès le       moment où l'ennemi est interne, cela signifie que toute la population est       suspecte. il faut donc avoir accès aux renseignements avec des       interrogatoires musclés. La torture devient une .arme principale du conflit.       Et lorsqu'un prisonnier torturé est trop mal en point, il faut bien s'en       débarrasser..."       En 1961, dix ans après son homologue Charles Lacheroy, le colonel Roger       Trinquier affine la réflexion dans un livre intitulé "La Guerre moderne",       appelé à devenir un best-seller dans le monde. Il explique notamment dans       ceet ouvrage à quoi sert la torture. Avec, à l'appui, une argumentation qui       fera école jusqu'au Guantanamo américain: étant donné que le terrorisme, par       son mode opératoire, ne respecte pas les lois de la , il n'y a aucune raison       qu'on les respecte en retour, ni que l'on applique les       Conventions de Genève. La torture est d'autant plus "légitime" qu'elle       permet d'éviter la mort d'innocents dès lors que les personnes interrogées       sont susceptibles de disposer d'informations capitales. "La transmission de       cette théorie à l'étranger se fait de plusieurs manières, conte la       réalisatrice. Le canal principal, c'est l'école de guerre à Paris, dont la       réputation internationale est excellente. Mais la France enverra aussi des       missions militaires dans certains pays. Et elle soutiendra politiquement les       dictatures en Argentine et au Chili."              Jusqu'au Congo et aux Etats-Unis...       L'école française voit défiler des Argentins, des Chiliens, des Iraniens,       des Portugais, des Sud-Africains... Des Belges, aussi. "Pierre Messmer,       alors ministre de la Défense, reçoit une demande des services secrets belges       pour envoyer des spécialistes de la guerre anti-subversive au Congo après       l'arrivée au pouvoir de Lumumba, raconte Marie-Monique Robin.       Il va prendre les meilleurs, dont Trinquier lui-même, en leur demandant de       se mettre       en retrait de l'armée au cas où cela tournerait mal. Même Jean-Marie Le Pen       est sollicité, mais il finira par ne pas partir. Sur place, ces Français       vont entraîner les gardes du corps et les milices de Tshombe, Président du       Katanga. Avec le soutien financier de l'Union minière belge.'" La suite est       connue: en mars 1961, Patrice Lumumba est exécuté.       La théorie de la "guerre moderne" fait également son chemin vers les              [continued in next message]              --- SoupGate-Win32 v1.05        * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)    |
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