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   soc.culture.france      More than just arrogance and bland food      5,647 messages   

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   Message 4,152 of 5,647   
   Johan Viroux to All   
   FRANCE's GENOCIDES (1995-2000) (22) (1/2   
   31 Mar 05 15:12:18   
   
   From: ABC.Service.Langues@skynet.be   
      
   Verschave François-Xavier, Noir silence / Qui arrêtera la Françafrique ?,   
   éd. Les Arènes, 2000   
   (p.333)   
      
   La privatisation de la guerre, c'est encore plus d'irresponsabilité. C'est l   
   'impunité des crimes politiques. Elle est incompatible avec les (p.334)   
   choix de civilisation de l'Union européenne. LaFrance et les pays de   
      
   l'Union se doivent de ratifier la convention adoptée par l'ONU en   
      
   1989, qui condamne (,le recrutement, l'utilisation, le financement et   
      
   l' entraînement de mercenaires ". Puis ils devront se mobiliser pour la   
      
   faire appliquer à l'échelle mondiale. À quoi servirait que les Quinze   
      
   aient unanimement voté la création d'une Cour pénale internatio-   
      
   nale, capable enfin de sanctionner les crimes collectifs les plus graves,   
      
   s'ils laissaient de vrais-faux "privés" les commettre à la place des   
      
   forces dites régulières ?   
      
   Les holdings mercenaires, observe le politologue Richard Banégas,   
      
   ressemblent aux " grandes compagnies concessionnaires qui, avant et   
      
   pendant la colonisation, assurèrent leur prospérité par la militarisa-   
      
   tion du commerce, en se faisant octroyer, au besoin par la coercition,   
      
   des contrats exclusifs d' exploitation des ressources naturelles".   
      
   Guidées en fait par les services secrets occidentaux, ces entreprises   
      
   en armes aspirent à disposer de l'usage de la "violence légitime" au   
      
   lieu et place des États, jusqu' à être dotées de « presque tous les pou-   
      
   voirs de la souveraineté 1 ',. Quelle régression !   
      
   On nous dit qu' il serait irréaliste d' enrayer la montée des armées   
      
   privées. Même des responsables de l' ONU ont discrètement rencon-   
      
   tré mi-mars 1999 les dirigeants des compagnies MPRI, Sandline,   
      
   Executive Outcomes et Levdan pour envisager de travailler avec elles   
      
   de manière "relativement" institutionnelle 2. Mais tolérerions-nous   
      
   en Europe la présence de telles armées, guidées de surcroît par une   
      
   puissance étrangère ? Si nous ne l'acceptons pas chez nous, pourquoi   
      
   croyons-nous que les Africains devraient l' accepter ? .   
      
   En France, l' on pourrait commencer par sortir des oubliettes les   
      
   articles 85 et 89 du Code pénal : « Sera puni d'un emprisonnement   
      
   de un à cinq ans et d'une amende de 3 000 francs à 40 000 francs,   
      
   quiconque, en temps de paix, enrôlera des soldats pour le compte   
      
   d'une puissance étrangère, en territoire français},. Encourent la   
      
   détention criminelle à perpétuité « ceux qui auront levé ou fait lever   
      
   des troupes armées, engagé ou enrôlé, fait engager ou enrôler des sol-   
      
   dats ".   
      
      
      
   (p.335) La France et son armée sont de plus en plus gênées pour interve-   
      
   nir directement dans les conflits africains. Alors, elles considèrent   
      
   l' armée tchadienne, formée ou déformée par leurs soins, comme un   
      
   réservoir de combattants. On peut y puiser à loisir un contingent   
      
   tout-terrain, bénéficiant de la logistique tricolore, pour intervenir   
      
   dans les conflits de la région. Par procuration. Un tel contingent par-   
      
   ticipe à la guerre ethnique au Congo-Brazzaville, aux côtés de Denis   
      
   Sassou Nguesso. Un autre a été envoyé combattre au Congo-   
      
   Kinshasa avec les alliés de Kabila. Un troisième a déconsidéré la   
      
   force interafricaine d'interposition en Centrafrique. Le recours aux   
      
   troupes de Déby n' est pas des plus judicieux, et l' expérience a donné   
      
   des résultats mitigés. Elle est néanmoins significative.   
      
   Au long des années quatre-vingt-dix, des commandos burkinabè   
      
   ont eux aussi joué les tirailleurs de la Françafrique, au Liberia et en   
      
   Sierra Leone. Moins dépendantes de Paris, des légions angolaises,   
      
   équipées entre autres par le réseau Pasqua, concourent aux intérêts   
      
   français dans les deux Congos. Le tout bénéficiant des libéralités de   
      
   l'ami Kadhafi.   
      
      
      
   pax franca (p.336)   
      
      
      
   (p.338) Les tirailleurs de la Françafriqueseront le plus souvent de la chair   
   à canon. Comme leurs arrière-grands-oncles, « la force noire à consommer   
   avant l'hiver » dont parlait Clémenceau *, quand débarquèrent les renforts   
   africains à l'automne 1914.   
      
      
      
   ·         in : Fottorino Eric, in : OPCF, La politique africaine au   
   Parlement français, Karthala, 1998, p.22   
      
      
      
   (p.345) Je résume . Glencore a gagné des milliards sur le pétrole russe, de   
      
   concert avec les décideurs moscovites, ce qui a creusé d' autant la   
      
   faillite financière de la Russie. Ces décideurs-là ont aussi bradé   
      
   l'arsenal de l'Armée rouge, les créances de leur pays 1, plus dix mil-   
      
   liards de dollars du FMI. Beaucoup de perdants, quelques gagnants.   
      
   Une part de ces flux (pétrole, armes, dettes) viennent se brasser entre   
      
   la Bank of New York et les eaux profondes de l' offshore angolais. Elf   
      
   et les réseaux sont aUX premières loges. Ils sont au mieux avec le pré-   
      
   sident Dos Santos et les dirigeants de Luanda.   
      
      
      
   (p.347) A cheval entre les Services et les affaires, il se fait volontiers   
   trans-   
      
   porter et accompagner en Libye par son ami Dominique Bouillon.   
      
   Ce fastueux promoteur immobilier possédait la compagnie aérienne   
      
   Air Entreprise. Protégé de l'ancien ministre de la Justice Jacques   
      
   Toubon, il accompagna la belle-fille de ce dernier, Sophie Deniau,   
      
   dans le naufrage de la station de ski Isola 2000. Une sombre affaire 4.   
      
   Elle a coûté au contribuable français 253 millions de francs, com-   
      
   plaisamment ajoutés au trou du Crédit Lyonnais, fin 1996, par le   
      
   ministre des Finances Jean Arthuis, un collègue de Toubon. Ce der-   
      
   nier préside le Club 89, un concentré de Françafrique. Marchiani   
      
   n' est pas pour rien dans ce dossier verglassé, ni son entregent dans le   
      
   monde arabe : il conservait des liens très amicaux avec Sophie   
      
   Deniau, ancienne attachée de presse de Charles Pasqua ; c' est lui qui   
      
   proposa au tandem Bouillon-Deniau l"affaire'' Isola 2000. La sta-   
      
   tion appartenait au richissime homme d' affaires libanais Tarek Abu   
      
   Kater via une holding luxembourgeoise, la SIADF, filiale d'une   
      
   société libérienne. Le Liberia est trop ruiné pour qu'une société   
      
   puisse y fonctionner ;  c' est par contre un paradis fiscal, et une plaque   
      
   tournante du trafic de drogue. Une filiale du Crédit Lyonnais finance   
      
   comme il se doit l' achat de cette étrange personne morale, la SIADF, à   
   hauteur de 450 millions. La station de ski fait faillite, une partie de   
   l'argent s'est envolée au Luxembourg.   
      
      
      
   (p.350) L'une de ces fonctions est la justice. Ce n'est pas en la bafouant   
      
   que l'on améliorera les choses en Libye, en France et en Afrique. Or,   
      
   avant même le procès de mars 1999 contre les six responsables   
      
   libyens de l'attentat contre le DC10 d'UTA, qui fit dix ans plus tôt   
      
   170 morts, Paris adressait un courrier diplomatique officiel selon   
      
   lequel " le gouvernement libyen avait donné satisfaction aux autorités   
      
   judiciaires françaises en ce qui concerne l' attentat perpétré contre le   
      
   vol UTA 722 ". Tripoli n' avait ni jugé, ni livré ces terroristes à la jus-   
      
   tice française, réduite à les condamner en leur absence. Kadhafi   
      
      
   [continued in next message]   
      
   --- SoupGate-Win32 v1.05   
    * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)   

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