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   soc.culture.france      More than just arrogance and bland food      5,647 messages   

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   Message 4,193 of 5,647   
   Johan Viroux to All   
   la France TUAIT ses coloniaux indochinoi   
   06 May 05 19:49:43   
   
   From: ABC.Service.Langues@skynet.be   
      
   M. Lê Huu Tho, Itinéraire d'un petit Mandarin, Juin 1940, L'Harmattan, 1997   
   (p.23) Par un simple billet de mobilisation émanant de l'autorité   
   Provinciale, ils sont là, comme transportés par un coup de baguette magique   
   dans ce pays inconnu et de surcroît en guerre, loin de leurs familles, de   
   leurs femmes, de leurs enfants, de leurs fiancées, de leurs amis, de leurs   
   rizières.   
   "La réquisition massive des travailleurs répond à la politique du   
   gouvernement français : envoyer sur le front européen le maximum du   
   potentiel humain de troupe et de main-d'oeuvre des colonies".   
   Il était question que cette ponction d 'hommes atteigne 80.000 travailleurs   
   et soldats indochinois, si la guerre continuait.   
   Il incombe au maire de chaque village de fournir un contingent d'hommes. Il   
   doit obéir strictement aux ordres de l'administration Coloniale et   
   s'exécuter. Aucune révolte contre l'exode forcé ne sera tolérée. Les   
   réfractaires seront sévèrement punis et des représailles seront alors   
   exercées sur leur village tout entier, afin de décourager tout refus.   
   (p.25)   
   Le Lycée Khai Dinh fait partie des cinq lycées existant à l'époque, à   
   travers toute l'Indochine Française, y compris le Laos et le Cambodge.   
   Sur cinq de ces établissements, deux sont réservés exclusivement aux enfants   
   des colons français. Sous le régime colonial on ne mélangeait pas les   
   torchons et les serviettes : supériorité de la race oblige !   
   (p.42)   
   Je me remémore la ligne unique du chemin de fer transindochinois de mille   
   sept cents kilomètres entre Hanôi et Saigon, dont l'écartement des voies est   
   de quatre vingt dix   
   centimètres. Il faut presque trois jours pour parcourir cette distance qui   
   traverse une   
   succession de divers paysages les plus pittoresques.   
   Les employés et les cadres de "la gare" forment en Indochine, une nouvelle   
   bourgeoisie, issue de la technique moderne.   
   Le Transindochinois comporte trois classes. Naturellement les deux   
   premières, qui sont des   
   voitures confortables, sont réservées aux administrateurs français et à   
   leurs familles, aux   
   officiers de l'Armée Coloniale, aux curés en soutane, aux mandarins et aux   
   fonctionnaires.   
   Le long des parois des wagons de 3ème classe, sont installés de grands bancs   
   en bois où sont assis côte à côte les voyageurs ordinaires et les petits   
   marchands. La partie centrale regorge d'animaux, de marchandises. (.)   
   (p.44) Nous faisons désormais partie de la 3ème Légion des Travailleurs   
   Indochinois, placée sous la haute autorité d'un colonel français et d'un   
   commandant indochinois. Le Colonel de la Pommeraie est un homme de grande   
   allure et d'autorité. En Indochine, il était administrateur d'une grande   
   banque. Il était le fondateur de la puissante Chambre de Commerce de Saigon.   
   Son imposant château avec parc et hauts murs, situé dans le pays, est le   
   témoin de sa belle réussite dans les colonies.   
   En prenant le commandement, le Colonel de la Pommeraie fait dresser un grand   
   mât pour hisser le drapeau tricolore et fait construire une prison au milieu   
   du camp. Peinte en blanc, elle demeure menaçante par les solides barreaux en   
   fer forgé de ses hautes fenêtres et par sa lourde porte en chêne ornée de   
   larges ferrures noires. Ce drapeau nous est familier. Hissé au fronton des   
   édifices publics de nos provinces, il nous rappelait depuis notre tendre   
   enfance que nous étions des sujets français.   
   En effet, à l'école, nous avions appris que "nos ancêtres étaient des   
   Gaulois". C'est ainsi que tous les peuples colonisés par la France, noirs,   
   jaunes, à cette époque, héritèrent de la même ascendance !   
   Ce n'est que bien plus tard que je m'aperçus du ridicule de ces leçons   
   d'histoire. Plus grave fut d'avoir voulu délibérément gommer notre propre   
   Histoire du Dai Viêt au profit d'une Histoire, aussi glorieuse soit-elle, ne   
   nous appartenant pas.   
   (p.45) Nous sommes surpris et vexés que le colonel fasse bâtir une prison à   
   notre intention. Nous nous féliciterions presque d'avoir été libérés par les   
   allemands. Nous ne nous attendions pas à une telle réception de la part de   
   l'autorité française. Il se produit en nous, quelque part, une cassure   
   douloureuse avec le pays des Droits de l'Homme et des Libertés.   
   Il règne, dans le camp, un relent du régime colonialiste "   
   sur le sol de la Provence. L'abus du pouvoir et l'oppression édifiés en   
   système d'administration sont certainement le fruit des expériences du   
   colonel durant son long séjour en Indochine.   
   La "police interne" est dirigée de main de maître par un adjudant nommé   
   Georges, un grand et solide gaillard. Les hommes du camp l'ont surnommé   
   "Hitler" à cause, non seulement de sa petite moustache sous le nez à   
   l'instar du Füher, mais surtout pour sa dureté. Il dirige une escouade de   
   trente "policiers" pourvus de lourdes matraques. Il traque, sans pitié, les   
   retardataires qui rentrent au camp après le couvre-feu de 22 heures, les   
   joueurs dans les tripots clandestins au fond des baraques, les   
   indisciplinés, les tire-au-flanc, les soûlards...   
   La prison blanche n'est pas suffisamment grande pour contenir tous ces   
   pauvres malheureux. Les "fortes-têtes" sont envoyées dans un centre   
   disciplinaire situé dans les enceintes de la gare de triage de Nîmes (Gard).   
   Les quelques baraquements en bois qui le composent ont été créés   
   spécialement pour cet usage. Ils sont entourés de fils de fer barbelés,   
   rappelant d'autres camps de sinistre mémoire, découverts après la libération   
   de l'Europe. Les condamnés y sont soumis à des travaux forcés.   
   (p.46) Ils n'ont pourtant commis aucun crime ! Le peuple français n'en a   
   jamais  rien su !   
   Il est temps, aujourd'hui, de révéler ces injustices, de lever la chape du   
   silence pour que nous puissions ensemble rendre hommage à ces hommes   
   arrachés à leur terre pour servir la France entre 1940 et 1946.   
   Hélas, beaucoup sont morts du fait des privations, des restrictions, de   
   malnutrition, des maladies - surtout de la tuberculose - et n'ont pas connu   
   le chemin du retour.   
   Leur famille les attend toujours ... Que la terre de France leur soit légère   
   !   
      
   (p.89) En Indochine, à l'époque, les intellectuels indigènes ne pouvaient   
   accéder à aucun poste de responsabilité ou de décision dans le régime du   
   Gouverneur Général de l'Indochine.   
   Les professeurs, les ingénieurs, les médecins indochinois percevaient le   
   tiers du traitement des français coloniaux possédant le même diplôme. Cette   
   disparité (p.90) était ressentie comme une mesure d'injustice et de mépris.   
   Le peuple opprimé ne pardonne pas l'injustice.   
   Il oublie encore moins le mépris.   
   L'indépendance deviendra le mot magique.   
      
   (p.93)  Monsieur le Juge d'Instruction Burnat me retenait quelquefois dans   
   son bureau pour me questionner sur la colonisation française en Indochine.   
   Il fut outré d'apprendre que la vente de l'alcool et de l'opium était le   
      
   [continued in next message]   
      
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    * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)   

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