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|    Johan Viroux to All    |
|    France/ Massacres coloniaux (4/10) (1/2)    |
|    25 Jun 05 12:09:46    |
      From: ABC.Service.Langues@skynet.be              France/ Massacres coloniaux (4/10)              Benot Yves, Massacres coloniaux, 1944-1950 : la IVe Républiqueet la mise au       pas des colonies françaises, La Découverte, 2001              1947-1948 : INSURRECTION ET GUERRE A MADAGASCAR       (p.117) Un bataillon de tirailleurs sénégalais - qui, rappelons-le, ne       proviennent pas nécessairement du Sénégal - occupe alors le camp, sous le       commandement d'officiers français dont plusieurs dorment dans le bourg, où       ils seront surpris. Ils n' ont en effet pas été avertis de l'imminence de       l'insurrection. De plus, il semble que quelques soldats malgaches, également       présents dans le camp, se soient mutinés. En tout cas, les insurgés, qui       sont déjà 2 000, surgissent d'abord dans le bourg, tuent les officiers       français à leur hôtel - dont le commandant du camp -, enfin se ruent sur le       camp lui-même. Le combat durera toute la nuit. Les tirailleurs, bien mieux       armés, résistent et repoussent l'attaque ; les insurgés ne (p.118)       parviendront pas à s'emparer de l'armement quileur fait défaut. Au petit       matin, ils se retirent, mais en parcourant la campagne, ils entraînent avec       eux toute la population rurale; s'ils ont échoué militairement, ils       remportent un succès politique. Dans la région, les plantations européennes       sont attaquées, les communications, par route ou par voie ferrée, ne sont       bientôt plus possibles sans escorte militaire. En avril, il y aura même des       combats aux abords immédiats de Tamatave et de Tananarive, les deux terminus       de la ligne. Mais à Moramanga, au matin du dimanche 30 mars, les tirailleurs       prennent leur revanche en envahissant le bourg dont ils massacrent toute la       population malgache. C'est ce que Pierre Boiteau, agronome et haut       fonctionnaire présent à Madagascar à cette date, ensuite conseiller de       l'Union française tcommuniste), a appelé « l'Oradour malgache ».       Plus loin, dans le Sud, toujours vers 22 h ce samedi, les insurgés attaquent       le terminus côtier de la voie ferrée qui va à Fianarantsoa. Ils s'emparent       de quelques armes, se replient et se       répandent dans toute la région; ils repoussent dans la région d' Ambila une       attaque de renforts envoyés de Manakara. La voie ferrée sera bloquée pendant       quelque temps. Ici aussi, les paysans malgaches sont entraînés dans       l'insurrection, et les villes ou bourgades où sont encore les Français sont       pratiquement assiégées. Le 1er avril, l'insurrection s'empare d'un de ces       bourgs, Vohipeno, et elle va l'occuper pendant plusieurs semaines. Dans une       proclamation lancée le 30 mars, les insurgés du Sud annoncent : « C'est le       jour où nous nous libérons du joug de la colonisation. 1...] Nous avons       combattu cette nuit et nous continuerons à combattre. » Mais les insurgés       entendent aussi se libérer des soutiens actifs de la colonisation que sont       ces membres du Padesm qui ont agressé les nationalistes dans les semaines       précédentes, qui ont aidé l' administration et contribué à faciliter les       nombreuses arrestations de militants du        MDRM qui ont eu lieu ici comme dans toute l'île. Plusieurs centaines de       membres du Padesm - on a dit 1 900 - seront en effet pourchassés et tués.       Mais l'ampleur de l'insurrection dans toute cette zone - dont la population       insurgée a été estimée à près d'un million - montre suffisamment que le       Padesm était bien loin d'y avoir cette majorité sur laquelle comptait le       pouvoir colonial.              (p.120)       En attendant, et dès les premiers jours, il commence par armer les colons       (dont beaucoup le sont déjà). Et c'est aussi par la terreur, les exécutions       et les massacres que l'on va répondre       militaires, policiers et civils sans distinction - à la volonté       d'indépendance dans les campagnes. On a déjà mentionné le massacre de       Moramanga. A Fianarantsoa, on a fusillé des insurgés faits prisonniers dans       la nuit même, sous prétexte de « tentative d'évasion ». Dans le Sud encore,       à Mananjary, plus d'une cinquantaine de détenus sont abattus à la prison,       d'autres dans un bâtiment des douanes, dès le 1er avril. Parmi eux, se       trouvent d'anciens combattants de la guerre de 1914. Des exécutions ont lieu       un peu partout, jusque dans les rues de Tananarive, ainsi que le signale un       rapport demandé par Marius Moutet au député Gaston Defferre. Mais dans les       campagnes, ces atrocités qui vont devenir la règle, loin de décourager les       masses rurales - du moins dans un premier temps - ne font que les exaspérer       et renforcer l'insurrection.              89 000 morts chez les insurgés              (p.121) Vers la fin avril, l'insurrection s'étendait de la région du lac       Alaotra au nord de Tananarive jusque vers Manakara, plus bas que       Fianarantsoa. Mais avec l'arrivée des renforts, la reconquête commence. La       chronologie révèle ce qu'avait été l'extension des zones libérées. Vohipeno       avait été évacué par les insurgés le 20 mai, mais ils restaient dans ses       abords immédiats. En août cependant, les forces coloniales réoccupent       successivement Fort-       Carnot le 1er, Beparasy le 2, Anosibé le 7, Lakato le 13, Ampasimanjeva le       25. Ces opérations sont menées conformémement aux traditions coloniales,       avec incendies de villages, exécutions de non-combattants, viols...       (p.122)       La guerre a été meurtrière et atroce. Il y aurait eu 550 morts du côté des       occupants, dont 350 militaires de toutes origines. On admet généralement que       la répression a fait quelque 89 000       morts malgaches chez les insurgés, estimation qui était celle de       l'état-major à la fin de 19487. En 1950, un chiffre de 11 342, plus «       modéré » sera avancé officiellement. Inutile de s'engager plus avant dans       une polémique dont l'allure de statistique objective cache mal le désir de       minimiser les horreurs de cette guerre coloniale. Mais les horreurs       demeurent. A celles qui ont déjà été évoquées, il faut ajouter un autre       massacre à Moramanga : du 5 au 8 mai, 166 Malgaches arrêtés sont enfermés       dans des wagons à bestiaux; le train, arrêté en gare de Moramanga, est       mitraillé la nuit sur ordre, il y a 95 tués. Des 71 survivants, 70 seront       exécutés le 8 mai, sur ordre du commandant supérieur des troupes. Le       soixante et onzième qui révélera le scandale échappe par hasard à la mort,       n'ayant été que blessé lors de l'exécution collective.       (p.123)       Ainsi s'expliquent des pratiques comme celles du prétendu juge Vergoz qui       sévit à Madagascar. I1 ignore qu'un inculpé doit être assisté d'un avocat de       son choix. Il est vrai que les avocats de Tananarive ont pris la décision,       non moins contraire à leur déontologie, de ne pas défendre les MDRM. De       plus, Vergoz travaille la main dans la main avec la police dirigée par       Baron, à qui il renvoie les inculpés qui n'avouent pas, sachant fort bien       que Baron emploie la torture pour obtenir des aveux. Et ce que les accusés       doivent avouer, c'est que Rabemananjara a donné l'ordre d'insurrection, en       accord avec Ravoahangy et les autres       dirigeants du parti. Coups de nerf de boeuf, tête plongée dans un bidon              [continued in next message]              --- SoupGate-Win32 v1.05        * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)    |
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