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|    soc.culture.france    |    More than just arrogance and bland food    |    5,647 messages    |
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|    Johan Viroux to All    |
|    FRANCE took part in the Rwandese GENOCID    |
|    25 Jun 05 13:09:15    |
      From: ABC.Service.Langues@skynet.be              La FRANCE coupable du GENOCIDE au RWANDA (1/5)              L'inavouable, La France au Rwanda (Patrick de St-Ex.) (extraits) (0/5)       de Saint-Exupéry Patrick, L'inavouable, La France au Rwanda, éd. Les Arènes,       2004       1       (p.17) Oui, Monsieur le ministre, c' était un génocide.       Unique, singulier. Et le ministre rwandais de la Famille et du Bien-Être en       était un rouage. Madame Pauline n' était ni plus terrible ni plus cruelle       que des dizaines et des centaines d'autres 1. Elle était ministre,comme d'       autres étaient préfets, gendarmes, policiers, soldats,       gardes champêtres, miliciens, médecins ou fonctionnaires... C' était une       extermination d'État réalisée au nom d'un État. Commise par un État qui       était notre ami, notre protégé, notre pion. Je veux dire : le pion de l'État       français.       Car telle est la réalité. Et je soupçonne, Monsieur le ministre, que cette       dimension vous fasse peur, que vous cherchiez à l' occulter en usant de ces       « génocides » au pluriel. Moi, elle m'effraie. Elle me terrifie même. Que       l'État français, embarqué dans de sombres calculs, ait pu décider de couvrir       ses alliés rwandais me laisse pantois. Que, dix ans plus tard, il soit       encore question des « génocides » au Rwanda ne passe pas. Quels sont donc       ces «génocides » . ? Qui donc, à l'exception de la France, utilise ce       pluriel ?              (p.24) C' est alors qu'ils sont arrivés. Quelques colonnes de soldats       français surgissant du Zaïre. Dans la brousse, il y eut comme un       frémissement. Émergeant des profondeurs, les chasseurs se rassemblèrent sur       les bas-côtés des pistes. À la main, ils portaient de petits drapeaux bleu,       blanc, rouge ; des affichettes aussi. Ils venaient d' ouvrer (p.25)       à rythme accéléré pour «en finir ». En finir avec « la besogne »,       disaient-ils. Cela faisait douze semaines qu'ils fauchaient rudement, leurs       pognes étaient calleuses, leurs muscles épuisés. La chasse n' est pas       toujours facile : le gibier se dérobe, fuit, court, évite... Certains       avaient faim, d' autres soif. la chasse était tellement prenante qu'ils n'       avaient guère trouvé le temps de se nourrir ou de boire. Mais, heureusement,       arrivait le moment de la pause. Comme une mi-temps. Ils déployèrent donc       leurs banderoles « Vive la France ! Merci François Mitterrand! », agitèrent       leurs drapeaux tricolores et se lancèrent dans des danses triomphales tandis       que déboulaient les soldats français. Ils étaient heureux, joviaux. C'était       la fête. Des vivats étaient       lancés. On se réjouissait, on acclamait les soldats. Une Jeep,       réquisitionnée par les forces gouvernementales, ouvrit le chemin. Un pick-up       chargé de miliciens se plaça au milieu d'un convoi. « Vive la France! ",       criaient les tueurs embarqués dans le véhicule. « Vive les Français! »,       reprenait la foule.       Cette scène avait des airs de libération. Elle n' était pas sans évoquer des       images vieilles d'un demi-siècle. Mais en inversé. Comme si les troupes       américaines avaient été accueillies en fanfare par les gardiens de       Treblinka, en 1945. Dans les jours précédant l'arrivée des troupes, une       radio rwandaise avait martelé le (p.26) message suivant : « Vous, les filles       hutu, lavez-vous et mettez une belle robe pour accueillir nos alliés       français. Toutes les filles tutsi sont mortes, vous avez vos chances... » On       imagine le même message sur radio nazi : « Vous, les       filles aryennes, lavez-vous et mettez une belle robe pour accuei llir nos       alliés. Toutes les filles juives sont mortes, vous avez vos chances... »              Je vous sens choqué, Monsieur. Par ce récit et les parallèles dressés. le       vois poindre vos objections. Vous êtes en train de v ous dire qu' il y a       exagération et volonté de heurter. Croyez pourtant que nous en sommes loin.       En cet été 1994, il en fut strictement ainsi : les troupes       françaises furent accueillies par les tueurs comme des libérateurs. U n       officier, le capitaine de frégate Marin Gillier, placé à la tête des       commandos Trepel, une unité de pointe de nos forces spéciales, en conviendra       quelques mois plus tard. Dans l'hebdomadaire de la marine natio-       nale, Cols bleus, il rendra compte de « l'accueil triomphal » d' une       population ay ant suivi « la mouvance la plus en vogue dans l'instant ».       (p.27) Oui, Monsieur, il en fut ainsi. Et le pire, c' est que le pouvoir       politique envoya consciemment notre armée dans ce piège. Cette intervention,       à laquelle fut donnée le nom de Turquoise, était dès le début biaisée. Sous       couvert de neutralité, Paris venait à la rescousse de ses alliés. Annonçant       que la France déploierait des troupes en terre de génocide, le président       François Mitterrand venait d'invoquer « l'urgence » et d'affirmer qu'il       s'agissait «d'une question d'heures, dejours » . Cela faisait douze semaines       que le sang coulait à flots. Il précisa que cette intervention serait «       strictement humanitaire » . les troupes de choc déployées étaient prêtes au       combat et furent dotées d'une puissance de feu rarement mise en ouvre       (p.28) à l'étranger. Il « oublia ", enfin, de mentionner le génocide en       cours.       (.) Voyons, Monsieur, cette intervention "strictement humanitaire » était       une farce, une mascarade! Elle fut (p.29) d' ailleurs si peu convaincante qu       'on dut se résoudre à       renforcer l' écran de fumée. Pour mieux encore brouiller les pistes.              (p.30) Il y avait bien sûr des pauvres bougres, des jaloux et des déçus,       mais il y avait surtout, derrière ces miséreux placés intentionnellement au       premier rang, une poignée de décideurs qui avaient appris, qui savaient       manipuler les foules. Il y av ait aussi un appareil d'État qui légiti       mait. Il y avait également une structure administrative qui coordonnait.              (p.39) Il existe des barrages « démocratiques » où l' on vote la mise à mort       d' autres menés par l'homme au fusil, qui décide la mort; d' autres où l'       on meurt, c' est tout. La règle n' est pas fixée à l' avance, vous le voyez,       Monsieur.       Gardez cela en tête car nous en aurons de nombreux à franchir.              (p.54) Tout comme moi, vous tiquez, Monsieur. L'intervention Turquoise,       annoncée le 18 juin 1994 par le président Mitterrand, se revendique       humanitaire. Vous regardez ces hommes, leur armement sophistiqué, et vous ne       comprenez plus. Ces soldats sont comme engagés dans une guerre. Ils sont       venus combattre un ennemi. Lequel ?              (p.60) Le policier municipal vient à sa rescousse : « Moi- même, j'ai tué au       fusil dix malfaisants, dont deux enfants, C'était tous des complices. Mon       chef m'a envoyé ici pour ça.       Il m'a dit que tous les Tutsi étaient mauvais. Avant, on savait qu'il y       avait un complot. On avait remarqué que des groupes de Tutsi se       rassemblaient pour tramer des choses mauvaises. On a voulu les empêcher       d'attaquer, on a pris les devants. »       (p.61) Il se tait, reprend, face au silence : « Il y a eu de nombreux gestes       qui montraient qu'ils voulaient nous attaquer...       - Lesquels ?              [continued in next message]              --- SoupGate-Win32 v1.05        * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)    |
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