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|    Johan Viroux to All    |
|    « Comment la France a perdu l'Afrique »,    |
|    23 Jul 05 20:44:03    |
      From: ABC.Service.Langues@skynet.be              M.F.C., « Comment la France a perdu l'Afrique », LB 17/07/05                     Deux journalistes français posent un diagnostic sévère et mettent en cause       l'immobilisme de la France.              Pourquoi tout va-t-il si mal aujourd'hui en Afrique pour la France? Pourquoi       est-elle accusée de néo-colonialisme quand elle intervient dans des crises       et d'indifférence quand elle n'intervient pas? C'est la question à laquelle       tentent d'apporter une réponse deux journalistes français, Stephen Smith,       qui vient de quitter "Le Monde", et Antoine Glaser, de "La Lettre du       Continent" (1).              "A la fin de la Seconde Guerre mondiale, explique Stephen Smith, s'installe       l'ordre figé de la guerre froide. On s'apercevra ensuite que ce dernier est       finalement plus important que le statut de colonie ou de pays indépendant:       c'est la chute du Mur de Berlin -et non les indépendances- qui a mis fin au       système français de connivence avec les élites africaines. "                            Fin de la guerre froide       Durant la transition entre 1989 et les attentats de New York, en 2001,       jugent les auteurs, la France n'a pas compris que la guerre froide était       finie. "Or, à la chute du Mur de Berlin, le rôle de sous-traitant de la       France accepté par les autres puissances et qui a créé à Paris une rente de       situation (l'excédent commercial de la France avec l'Afrique tournait       alors autour de 30 milliards de FF / an), n'a plus de raison d'être       puisqu'il n'y a plus de danger que l'Afrique tombe "dans l'autre camp": il       n'y a plus d'autre camp", poursuit Smith. Mais la France ne change rien à sa       politique africaine.              Le tournant décisif, selon les auteurs, est 1994: dévaluation du franc CFA,       qui aboutit à donner au FMI et à la Banque mondiale plutôt qu'à Paris la       maîtrise financière; mort du président ivoirien Houphouët-Boigny; génocide       au Rwanda; privatisation d'Elf Aquitaine. "Ce n'est qu'aujourd'hui qu'on       sent les effets de la fin de la Françafrique", souligne Smith. .              "Qu'est-ce qui est important aujourd'hui en Afrique ? Qu'il s'agisse de la       lutte contre le terrorisme, du pétrole, de l'environnement, des épidémies ou       des religions, la France est chaque fois aux abonnés absents. Elle s'occupe       de combats d'arrière-garde comme e~ C6te-d'Ivoire ou au Togo", juge Smith.       Résultat: "au Tchad, qu'elle a occupé, administré, défendu les armes à la       main, le pétrole est exploité par des Américains. En Côte-d'Ivoire, où elle       maintient 4000 soldats (pour 170 millions d'euros par an), elle n'a même       pa$ pu sauver ses expatriés, qui ont da fuir en novembre 2004; mais le       cacao, dont ce pays est le principal producteur mondial, est entre les.       mains des Américains, des Britanniques et des Néerlandais".                            Le secteur privé       Entre 1980 et 1995, la part des investissements directs de la       Grande-Bretagne allant en Afrique passe de 29 à 3,8pc; celle de l'Allemagne       passe de 19,5 à 2,4 pc; mais celle de la France se maintient de 35 à 30,4       pc. Or, "sur la centaine de grands groupes privés français qui étaient en       Afrique, ajoute Antoine Glaser, il ny en a plus qu'une cinquantaine et ils       ont fusionné. Dans tous les domaines où la France contrôlait des marchés à       plus de 50pc, c'est fini. Les Etats-Unis, la Chine, et bientôt le Brésil et       l'Inde vont s'occuper des matières premières en Afrique, alors que la       France ny est plus présente que dans les services. Il y a un vrai refus du       secteur privé français".              Pourquoi? "C'est une question de génération, poursuit Glaser. Cette       génération d'entrepreneurs français ne travaillait qu'accompagnée d'une       puissance, dans un environnement politique favorable: souvent les       interlocuteurs des hommes d'affaires français, dans ces appareils d'Etat       africains, étaient des conseillers... français. Et, surtout, l'aide était       liée (octroyée seulement si elle servait à acheter français). La fin de ce       système a rrwntré que les entreprises françaises étaient incapables de       résister aux appels d'offre quand ils sont internationaux. Les anciens       expatriés vivaient en Afrique avec leurs familles; les nouveaux vivent en       célibataires, pour de courtes périodes, complètement bunkérisés. C'est une       page qui se tourne..."                            Anticiper       L'erreur de la France, selon les auteurs, est de n'avoir pas anticipé. "Elle       n'est pas arrivée à choisir entre ses vieux alliés corrompus et lajeunesse       qui forme plus de la rrwitÏéde la population africaine et revendique un       avenir. Aujourd'hui, elle n'a pas un discours d'appui à la démocratie       recevable par les jeunes; et les vieux dictateurs ne lui font plus tout à       fait confiance", résume Smith.              La particularité française selon laquelle il n'y a pas de débat sur la       politique africaine mais un consensus entre partis permet-elle que des voix       dissidentes s'élèvent aujourd'hui? Cette caractéristique "fait partie de       l'incapacité à anticiper l'événement, analyse Glaser. On explique aux       parlementaires qu'il ne faut pas mettre en danger la              vie de soldats ou de familles françaises en . Afrique, ou qu'il faut assurer       le rang de la France, et c'est l'omerta", résume-t-il.              "Mais depuis les années 90 est apparu dans la société civile un courant       contestataire, intervient Smith, parfois outrancier, voire sectaire, mais       qui se révolte contre cette omerta. C'est principalement François-Xavier       Verschave, ses livres et son organisation "Survie", C'est un courant qui a       une influence certaine sur l'opinion publique: aujourd'hui, quand VOus       travaillez sur l'Afrique, tout le rrwnde a l'impression que vous êtes déjà       sur la marge malhonnête et si les autorités lançaient une initiative sur ce       continent, le citoyen aurait immédiatement l'impression qu'il y a une       magouille."                            MF.C.                            ..Comment la France a perdu l'Afrique", Antoine Glaser et Stephen Smith, Éd.       Calmann-Levy, 300 pp, 18 ?.              --- SoupGate-Win32 v1.05        * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)    |
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