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   From: .vancraenbroeck@skynet.be   
      
   "jérome PICRIT" a écrit dans le message de   
   news:43873a01$0$4700$ba620e4c@news.skynet.be...   
   > Il est toujours agaçant de voir des hommes politiques tenter   
   maladroitement   
   > d'accueillir sous leur drapeau les mannes de tel homme illustre. Les   
   > récentes déclarations d'un politicien belge (Richard Miller, libéral, en   
   > réponse aux écrits de Maurice Bayenet ou de Jean-Pol Baras , socialistes,   
   l'embrigadant   
   > à gauche), selon laquelle Stendhal « était libéral, se revendiquant du   
   parti   
   > libéral et du projet de société libéral », n'échappe à pas à ce malaise.   
   =========================================   
   Vraisemblablement, sous la Restauration, il devait avoir la   
   nostalgie de l'Empire, voire des " grands" homme de la défunte 1ère   
   République, tout en faisant oeuvre dans la littérature romantique en Italie.   
   Je me base un peu, je l'avoue, sur le personnage de Julien Sorel, romantique   
   et   
   nostalgique, cynique et arriviste à la fois. J'ai le sentiment que l'on   
   retrouve un peu Stendhal dans le personnage de Sorel, et le classifier   
   aujourd'hui comme libéral ou de gauche   
   demeure une gageure.   
   Cordialement.   
   Julien   
      
   >   
   >   
   >   
   > Certes dans les convictions qu'il a pu exprimer ou dans celles qu'il prête   
   à   
   > ses héros, Stendhal n'est pas un conservateur. C'est assez clair dans le «   
   > Rouge et le Noir » (le plus grand roman en langue française) où Julien   
   Sorel   
   > méprise les ultras, les réactionnaires qui voulaient, sous la Restauration   
   > (1815-1830) en revenir à la monarchie d'avant 1789. Dans ce « parti », à   
   > côté d'authentiques nobles, les parvenus sont nombreux, qui comme toujours   
   n'hésitent   
   > pas, souvent avec succès, à brosser le pouvoir dans le sens du poil. Le   
   > personnage de Valenod qui irrite au plus haut point Julien Sorel en est un   
   > bel exemple : d'extraction modeste, il est « arrivé » au prix de beaucoup   
   de   
   > flatterie et de quelques passes droit. Le brillant déjeuner qu'il offre en   
   > son magnifique logis attenant à la prison qu'il dirige de main de fer est   
   > significatif. Julien n'hésite pas à penser que son excellent repas est   
   > vraisemblablement dus aux économies réalisées par Valenod sur la maigre   
   > pitance des prisonniers ou des enfants trouvés.   
   >   
   >   
   >   
   > Ce rejet des parvenus, ce mépris pour les privilèges de la naissance   
   > font-ils de Stendhal ou de son héros un homme de gauche ? Gardons à   
   l'esprit   
   > pour le second son parallèle mépris pour les modestes (ses frères, les   
   > domestiques,.). Ce qu'il apprécie par-dessus tout c'est la grandeur   
   > napoléonienne face à l'esprit revanchard des médiocres de la   
   Restauration.   
   >   
   >   
   >   
   > Quant aux libéraux de l'époque que Julien fréquente, qui sont-ils ? Tout   
   d'abord   
   > ils ne sont pas encore au pouvoir (sont-ils les parvenus de demain ?). Ils   
   > refusent les privilèges politiques et les « arrangements économiques »   
   dont   
   > ils sont exclus. Certes, ces libéraux-là sont dans la filiation historique   
   > du libéralisme qui triomphera dès le renversement du régime légitimiste.   
   > Tant en France (avec Louis-Philippe et puis le 2ème Empire) qu'en   
   Belgique,   
   > 1830 sera un tournant dans la marche des libéraux vers le pouvoir. Faut-il   
   > pour autant désigner Stendhal comme un inspirateur du libéralisme ? Il y a   
   > fort à parier que la qualité de son ouvre le préoccupait, à juste titre,   
   > énormément plus.   
   >   
   >   
   >   
   > Avec le recul, il est peut-être possible de considérer que les libéraux de   
   > 1820 sont quelque part des anti-réactionnaires et dès lors, pour l'époque,   
   > des hommes de « gauche »mais transposer ces notions telles quelles au   
   XXIème   
   > siècle est pour le moins hasardeux.   
   >   
   >   
   >   
   > Espérons que ces essais d'accaparement d'une ouvre considérable, qui reste   
   d'actualité,   
   > n'en détournera pas quelques potaches (et leurs maîtres), trop contents de   
   > se focaliser sur une littérature moins exigeante. Ce serait passer sans   
   les   
   > voir devant d'authentiques chefs d'ouvre de l'Humanité. Voilà le mot   
   lâché.   
   > Foncièrement, Stendhal voulait exprimer l'Humain, avec son génie et ses   
   > travers.   
   >   
   >   
   >   
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   >   
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   >   
      
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    * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)   
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