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   soc.culture.france      More than just arrogance and bland food      5,647 messages   

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   Message 4,967 of 5,647   
   Johan Viroux to All   
   jacobinisme français & totalitarisme (Ha   
   24 May 06 11:44:20   
   
   From: ABC.Service.Langues@skynet.be   
      
   ARENDT Hannah, Le gouvernement totalitaire, p. 86-93, in : ÖZER Attila, L'   
   Etat, Flammarion 1998   
      
   (p.92)   
      
   Le totalitarisme, tel que nous le connaissons aujourd'hui dans ses variantes   
   bolchevique et nazie, est issu de dictatures à parti unique qui, comme les   
   autres tyrannies, ont employé la terreur comme moyen pour instituer le   
   désert de l'absence de compagnie et de l'esseulement. Or, lorsqu'il est   
   parvenu au calme bien connu qui est celui des cimetières, le totalitarisme,   
   loin d'être satisfait, transforme aussitôt et avec une vigueur accrue   
   l'instrument que constituait la terreur en une loi objective du processus.   
   Dans les conditions qui sont celles du totalitarisme, la terreur ne se   
   contente pas de survivre à toute opposition politique témoignée à celui qui   
   dirige, elle s'accroît après qu'une persécution par­ticulièrement   
   impitoyable a liquidé tous les ennemis, réels et potentiels. La crainte   
   devient sans objet lorsque le choix des victimes se trouve entièrement   
   libéré de tout rapport avec les pensées ou les actions des individus. Si la   
   crainte est, sans conteste, la tonalité absolument domi­nante des pays   
   totalitaires, elle ne peut plus servir de (p.93) guide pour des actions   
   particulières : elle a cessé d'être un principe d'action. [...]   
      
   Pour insuffler le mouvement à un corps politique dont la terreur constitue   
   l'essence, aucun principe d'action, emprunté au champ de l'action humaine -   
   vertu, hon­neur, crainte - n'est plus utile ni nécessaire. Ce corps   
   politique se fonde, au contraire, sur un principe nouveau qui, lui, fait   
   entièrement litière de l'action humaine comme acte libre, et il substitue au   
   désir et la volonté mêmes d'agir la soif de connaître la loi du processus   
   selon lequel opère la terreur. Les êtres humains, pris ou jetés dans le   
   processus naturel ou historique, à seule fin d'en accélérer le mouvement, ne   
   peuvent être que les ins­truments ou les victimes de sa loi interne. Or,   
   selon celle-ci, ils peuvent être aujourd'hui ceux qui procèdent à   
   l'élimination des « races et des individus inaptes » ou « des classes vouées   
   à disparaître et des peuples déca­dents » et, demain, ceux qui devront, pour   
   les mêmes motifs, être eux-mêmes sacrifiés. Ce dont la domination   
   totalitaire a besoin, en guise de principe d'action, c'est d'une préparation   
   des individus qui les destine à remplir aussi bien la fonction de bourreau   
   et celle de victime. Or, cette double propédeutique, succédané du principe   
   d'action, n'est autre que l'idéologie.   
      
      
      
      
      
   Hayek, Le caractère négatif des prérogatives de l'état de droit, p.191-196,   
   in :ÖZER Attila, L'Etat, Flammarion 1998   
      
      
      
   (p.195) Ces trois grandes « négatives » - la Paix, la Liberté et la   
   Justice - sont en fait les seules fondations indispen­sables de civilisation   
   que le pouvoir doive assurer. Elles sont forcément absentes dans la   
   situation « naturelle » de l'homme primitif, et les instincts innés de   
   l'homme ne les lui font pas assurer à ses semblables. Elles sont {...] les   
   fruits les plus importants - mais encore impar­faitement assurés - des   
   règles de civilisation.   
      
   --- SoupGate-Win32 v1.05   
    * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)   

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