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|    Johan Viroux to All    |
|    Histoire du racisme français: Papon    |
|    27 May 06 15:45:38    |
      From: ABC.Service.Langues@skynet.be              LB 27/03/99              DIFFAMATION              Maurice Papon débouté de sa plainte contre l'écrivain Jean-Luc Einaudi              L'ancien préfet de police de Paris pas innocent des ratonnades de 61                            Vendredi, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a débouté       Maurice Papon, 88 ans, de sa plainte en diffamation contre l'écrivain       Jean-Luc Einaudi.              Condamné le 2 avril 1998 à dix ans de réclusion par la cour d'assises de       Bordeaux pour complicité de crimes contre l'humanité, le plaignant       incriminait une tribune parue en mai 1998 dans "Le Monde", dans laquelle M.       Einaudi imputait à l'ancien préfet de police de Paris la responsabilité du       "massacre" perpétré le 17 octobre 1961 par les forces de l'ordre contre des       manifestants algériens.              En 1991 déjà, Jean-Luc Einaudi avait publié un livre intitulé « La bataille       de Paris, 17 octobre 1961 ».              L'auteur y avançait des données chiffrées faisant état de plusieurs       dizaines de victimes tombées sous les coups de la police parisienne et       jetées à la Seine.              Dans "Le Monde", M. Einaudi avait déclaré que les exactions policières       avaient eu lieu "sous les ordres" de Maurice Papon.              Le 12 février dernier, cette affirmation fut jugée non fondée par le       procureur de la République Vincent Lesclous.              Il réclama la condamnation de principe d'Einaudi, tout en reconnaissant -       une première dans une déclaration à caractère officiel -qu'un massacre avait       bien eu lieu le 17 octobre 1961 et qu'il était l'ouvre de membres des forces       de l'ordre "devenus les jouets de la haine qui les a aveuglés".              M. Lesclous ajoutait qu'il en était résulté "un grand nombre de morts, pour       la plupart des gens simples et laborieux qui resteront anonymes".                            UNE ÉNORME BAVURE              Cette reconnaissance d'une énorme bavure à caractère raciste par une       autorité publique avait été saluée par ceux qui militent depuis des dizaines       d'années pour faire éclater la vérité sur un épisode sinistre de l'histoire       de la France gaullienne.              La manifestation du 17 octobre 61 avait été organisée par le FLN (Front de       libération nationale) algérien pour protester contre le couvre-feu imposé       par le ministre de l'Intérieur Roger Frei. Le prétexte de la mesure était       la vague d'attentats commis par l'OAS (Organisation armée secrète), un       groupe terroriste soutenant la thèse de l'Algérie française.              En 1962, alors que l'enquête sur le massacre s'était soldée par un rapide       non-lieu, une manifestation pacifique fut organisée pour condamner les       attentats de l'OAS. Une fois encore, la répression policière fut féroce.       Huit personnes perdirent la vie dans des bousculades, certaines écrasées       contre les grilles du métro Charonne.              L'indignation est générale. Des syndicalistes policiers mettent en cause la       responsabilité du ministre de l'Intérieur et de Papon, son bras armé.       Celui-ci "couvre". L'année précédente, il avait déclaré que la police       n'avait fait que son devoir.                            REFUS DE L'OUBLI              A l'ouverture du procès de Bordeaux, Jean-Luc Einaudi et l'historien David       Assouline étaient venus, avec des fils et filles de victimes du pogrom de       1961, témoigner de leur refus de l'oubli.              Le 21 octobre 1997, dans les colonnes de "Libération", David Assouline avait       publié des pièces d'archives contredisant la thèse "réductionniste"       entretenue par Papon et d'autres sur le nombre des morts du 17 octobre 1961.              Il révèle des listes de noms de personnes tuées, corroborant en cela les       données avancées en 1991 par Jean-Luc Einaudi. Des pages d'archives des mois       d'octobre et novembre 1961 "sont remplies de noms de FMA (Français       musulmans d'Algérie), frappés du tampon "Mort" par coups et blessures       volontaires", écrit Assouline.              Il ajoute que pour certains figure même la mention "repêché" ou "repêchage".              L'historien concluait que, pour peu que le gouvernement de Lionel Jospin       tienne ses promesses d'ouvrir toutes les archives, "on pourra établir une       liste proche de la réalité, qui mettra un terme aux dénégations absurdes de       Maurice Papon".                            ALAIN HEYRENDT              --- SoupGate-Win32 v1.05        * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)    |
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