home bbs files messages ]

Forums before death by AOL, social media and spammers... "We can't have nice things"

   soc.culture.france      More than just arrogance and bland food      5,647 messages   

[   << oldest   |   < older   |   list   |   newer >   |   newest >>   ]

   Message 4,977 of 5,647   
   Johan Viroux to All   
   Françafrique, Le plus long scandale de l   
   27 May 06 16:17:22   
   
   From: ABC.Service.Langues@skynet.be   
      
   Verschave François-Xavier, La Françafrique, Le plus long scandale de la   
   République, éd. Stock, 1999   
      
   (p.11) Au début des années quatre-vingt-dix, un capitaine français   
   séjournant aux Comores où il avait été, à l'origine, détaché au titre de la   
   coopération militaire, fut effaré par les trucages électoraux. Des Français   
   étaient au coeur de la manipulation qui avait permis l'élection du président   
   Djohar. Le capitaine rédigea un rapport. Il le remit à Jean-Michel Belorgey,   
   qui présidait alors la commission des Affaires culturelles, familiales et   
   sociales de l' Assemblée nationale et, surtout, l'intergroupe des   
   parlementaires membres de la Ligue des droits de l'homme. Le député avait   
   quelques entrées à l'Élysée. Il y transmit le rapport, en ajoutant le   
      
   compte rendu de son entretien avec l' officier. Quelques semaines plus tard,   
   la famille du capitaine apprenait son assassinat dans des conditions   
   particulièrement sauvages, qu'il est impossible de décrire ici sans ajouter   
   à l'horreur du crime. Elle n' a jamais pu obtenir le   
      
   rapport d' autopsie, ni bien sûr de suite judiciaire, que ce soit aux   
   Comores ou en France.   
      
   Ce capitaine est mort d' avoir Cru en la démocratie. Il a rejoint celles et   
   ceux qui ont appris, parfois dans leur chair, le prix du plus long scandale   
   de la République.   
      
      
      
   /RWANDA/   
      
   (p.16) En 1990, le régime du général Habyarimana est déjà mal en point. Une   
   famine sévit. Le clan de l'épouse du président, Agathe, accapare les   
   richesses du pays. Aux revendications tutsies s'ajoute l'opposition des   
   Rwandais du Sud, exaspérés par ce clan familial, l' akazu, issu du   
   Nord-Ouest. Le 1er octobre, le FPR engage la lute armée. Le pouvoir rwandais   
   joue son va-tout : la carte ethnique. Il lance la lutte finale des Hutus,   
   « peuple majoritaire » authentique, contre ces étrangers » de Tutsis, ces   
   « envahisseurs » qui, selon la (p.17) légende, auraient remonté le cours du   
   Nil en des temps immémoriaux (1). Le slogan « Hutu Power !» cristallise le   
   racisme.   
      
   À cette époque, François Mitterrand est secondé à la « cellule africaine »   
   de l'Élysée par son fils Jean-Christophe. L'un et l'autre ont noué   
   d'étroites relations avec la famille Habyarimana (le père, Juvénal, et le   
   fils Jean-Pierre). Dès le 2 octobre 1990, le père Habyarimana téléphone au   
   fils Mitterrand pour appeler la France à la rescousse. L'Élysée décide   
   immédiatement d' envoyer plusieurs centaines de parachutistes au Rwanda :   
   ils sont rapidement six cents, parfois plus d'un millier - sans compter les   
   instructeurs militaires, un état-major de substitution, et une profusion d'   
   agents secrets.   
      
   Les régiments français d'intervention « outre-mer " (Légion et Infanterie de   
   marine) sont passés sans transition des guerres d'Indochine et d' Algérie au   
   maintien de l' ordre post-   
      
   colonial. Leur histoire est parsemée d' épisodes guerriers presque inconnus   
   (3): après 1962, seule émerge la superpro duction La Légion saute sur   
   Kolwezi (4). En Algérie, l' armée   
      
      
      
   (1. Dominique Franche, dans Généalogie d'un génocide (Mille et Une Nuits,   
   1997), a   
      
   démonté la construction du mythe racial, à laquelle contribua voici un   
   siècle la raciologie européenne, française et allemande. Il a montré que les   
   premiers pères blancs évangélisateurs du Rwanda avaient été formés par des   
   manuels d'histoire qui faisaient une interprétation raciale de la Révolution   
   française : la revanche du peuple gaulois contre les nobles, descendants des   
   Francs, des " envahisseurs" renvoyés au-delà du Rhin, à Coblence... Cf.   
   aussi Claudine V idal, Sociologie des p..ssions, Karthala, Paris, 199I.   
      
   2. Sur les motivations de cette décision, cf. François-Xavier V erschave,   
   Complicité   
      
   de génocide ? Lapolitique de la France au Rwanda, La Découverte, 1994, p.   
   10-19.   
      
   3. Depuis les indépendances africaines, l'armée française a effectué une   
   vingtaine   
      
   d'interventions d'envergure au sud du Sahara (cf. Observatoire permanent de   
   la   
      
   Coopération française, Rapport 1995, Desclée de Brouwer, 1995, p. 123-124) -   
   sans   
      
   compter les interventions clandestines.   
      
   4. Sorti en 1981, le film s'inspire (très librement) de l'intervention des   
   parachutistes français, en 1978, sur la ville minière zaïroise de Kulwezi   
   (Katanga-Shaba), conquise par une rébellion " katangaise " venue de l'   
   Angola. On imputa aux rebelles un massacre d'Européens. Ceux-ci ont été en   
   réalité assassinés par les troupes de Mobutu, qui voulait hâter la décision,   
   par le président Giscard d'Estaing, d'une intervention française salvatrice.   
   Cf. France-Zaïre-Congo, 1960-1997 Échec aux mercenaires, Agir ici et   
   Survie/L'Harmattan, 1997, p. 30-38.)   
      
      
      
   (p.18) française défendait « la France » contre « la guérilla subversive ».   
   Depuis, la Ve République demande à l'armée de défendre " les intérêts   
   français » et nos alliés contre une « guérilla subversive » à l' échelle   
   continentale - entretenue bien sûr par « les ennemis de la France ",   
   États-Unis en tête. Au Rwanda, les militaires français adoptent   
   naturellement les   
      
   préjuges en noir et blanc des soldats et officiers auprès desquels ils   
   combattent. Ils diabolisent l'ennemi . Ils inventent le terme de « Khmers   
   noirs " pour désigner les rebelles du FPR.   
      
   Jean Carbonare a soixante-six ans, l'allure modeste et les cheveux blancs.   
   Il revient du Rwanda, où il a participé à une Commission internationale d'   
   enquête . Celle-ci a exhumé   
      
   des charniers et constaté de nombreux massacres de Tutsis - hommes, femmes   
   et enfants. Son rapport dénonce les tueries systématiques organisées par la   
   mouvance présidentielle, voire par l' entourage du général Habyarimana. Un   
   bref reportage précède l'interview de Jean Carbonare sur le plateau de   
   France 2. Il montre la Commission d'enquête au travail, les   
      
   charniers, le regard narquois de certains villageois, l'air « étonné" d'un   
   bourgmestre devant la fosse commune mise au jour dans son propre jardin, les   
   parachutistes français qui, sur les routes du pays, « assurent un semblant   
   de calme ».   
      
   L'interview commence.   
      
      
      
   (1. « Les militaires, reconnaît-on en haut lieu, ont fait du Rwanda une   
   affaire personnelle." Citation d'un haut responsable - anonyme - par Patrick   
   de Saint-Exupéry dans son enquête La France lâchée par l'Afrique (Le Figaro   
   du 2210611994).   
      
   Le 22juin 1994, escortant deux émissaires du FPR au ministère de la Défense,   
   Gérard   
      
   Prunier y croise de ces officiers " faucons ". " Ilfallut la présence 'uun   
   officier supérieur   
      
   pour éviter une confrontation physique " (Rwanda : le génocide, Dagorno,   
   1997, p.344).   
      
   2. La Commission internationale sur les violations des droits de l'homme au   
   Rwanda a séjourné au Rwanda du 7 au 21 janvier 1993. Elle était composée de   
   quatre organisations humanitaires : la Fédération internationale des droits   
   de l'homme (FIDH), Africa Watch (département de Human Rights Watch), le   
   Centre international des droits de la personne et du développement, et   
      
   [continued in next message]   
      
   --- SoupGate-Win32 v1.05   
    * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)   

[   << oldest   |   < older   |   list   |   newer >   |   newest >>   ]


(c) 1994,  bbs@darkrealms.ca