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|    soc.culture.france    |    More than just arrogance and bland food    |    5,647 messages    |
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|    Message 5,173 of 5,647    |
|    Johan Viroux to All    |
|    Racisme linguistique français (in: P.U.F    |
|    11 Oct 06 17:09:44    |
      From: ABC.Service.Langues@skynet.be              Calvet Louis-Jean, Les langues véhiculaires, in : PUF 1981       (p.34) Le versant linguistique de la politique coloniale a toujours       consisté, dans les possessions françaises d'Afrique, à imposer le français       comme seule langue d'enseignement et d'administration. Les langues locales,       que l'on baptisait d'ailleurs le plus souvent « dialectes », n'étaient nulle       part prises en compte et certains s'attachaient même à démontrer leur       infériorité. En outre, si l'on exclut les efforts un peu désordonnés et       dispersés des missionnaires (qui enseignaient souvent le catéchisme en       langues locales mais utilisaient pour ce faire des orthographes       fantaisistes), ces langues n'étaient même pas écrites : personne ne se       préoccupait de leur donner un alphabet adéquat, en relation avec leur       phonologie propre. De ce point de vue, donc, la langue coloniale       fonctionnait comme une « langue dominante », quoique largement minoritaire       du point de vue de ses locuteurs et, pour revenir à notre sujet, le manding       se trouvait du côté des « langues dominées », bien qu'il fût largement       majoritaire.                            (p.111) Le facteur idéologique a joué dans ce processus un rôle non       négligeable. En effet, la tendance a toujours été en France à distinguer       soigneusement (p.112) entre les « langues » (le français bien sûr et       quelques autres langues européennes) et les « dialectes » ou les « patois ».       Le passage suivant, extrait du rapport Grégoire à la Convention, est de ce       point de vue significatif:              « Il n'y a qu'environ quinze départements de l'intérieur où la langue       française soit exclusivement parlée ; encore y éprouve-t-elle des       altérations sensibles, soit dans la prononciation, soit par l'emploi de       termes impropres et surannés, surtout vers Sancerre où l'on retrouve une       partie des expressions de Rabelais, Amyot et Montaigne.              Nous n'avons plus de provinces, et nous avons encore environ trente patois       qui en rappellent les noms. Peut-être n'est-il pas inutile d'en faire       l'énumération : le bas-breton, le normand, le Picard, le rouchi ou wallon,       le flamand, le champenois, le messin, le lorrain, le franc-comtois, le       bourguignon, le bressan, le lyonnais, le dauphinois, l'auvergnat, le       poitevin, le limousin, le Picard, le provençal, le languedocien, le velayen,       le catalan, le béarnais, le basque, le rouergat et le gascon, ce dernier       seul est parlé sur une surface de 60 lieues eu tous sens.              Au nombre des patois, on doit placer encore l'italien de la Corse, des       Alpes-Maritimes, et l'allemand des Haut et Bas-Rhin, parce que ces deux       idiomes y sont très dégénérés.              Enfin les nègres de nos colonies, dont vous avez fait des hommes, ont une       espèce d'idiome pauvre comme celui des Hottentots, comme la langue franque,       qui dans tous les verbes ne connaît guère que l'infinitif » (5).                             (5) Michel de certeau et al., op. cit., pp. 301-302.              --- SoupGate-Win32 v1.05        * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)    |
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