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   soc.culture.france      More than just arrogance and bland food      5,648 messages   

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   Johan Viroux to All   
   Nouvelle-Calédonie: IMPERIALISME FRANCAI   
   13 Oct 06 13:58:06   
   
   From: ABC.Service.Langues@skynet.be   
      
   Mathieu Jean-Luc, La Nouvelle-Calédonie, in : PUF 1989   
   (p.4) Du printemps 1986 au printemps 1988, ces deux années avaient vu   
   progressivement monter la vio­lence : agressivité des thèmes politiques   
   d'une droite locale, anti-indépendantiste, soutenue à Paris par le ministre   
   des dom-tom, sûr de son bon droit ; refus de toute compréhension à l'égard   
   d'indépendantistes, d'abord adeptes d'une stratégie de non-violence, afin   
   d'essayer de parvenir à les marginaliser ; information unilatérale,   
   c'est-à-dire désinformation, des popu­lations de Nouvelle-Calédonie à   
   travers une station de Radio France d'Outre-Mer toute acquise aux seuls   
   thèmes anti-indépendantistes ; quadrillage mili­taire par des forces   
   envoyées de métropole, combi­nant l'intimidation avec des tentatives de   
   séduction d'une population autochtone sous étroite surveil­lance ; injustice   
   de « décisions de justice » utilisant poids et mesures différents pour les   
   deux principaux groupes de populations du territoire ; décisions vi­sant à   
   affecter le moral de la population indépen­dantiste en démantelant les   
   réformes essentielles introduites par les précédents gouvernements, pour   
   (p.5) répondre à son attente, dans les domaines de la réap­propriation des   
   terres et de l'affirmation de la culture canaque ; diminution des   
   attributions des Régions, récemment créées, pour organiser un certain   
   partage des pouvoirs entre ethnies ; référendum local du 13 septembre 1987   
   visant, à travers le respect pure­ment formel d'un rite d'allure   
   démocratique, à réaf­firmer la domination des Blancs et de leurs alliés sur   
   les premiers habitants du territoire ; abus constant d'un langage qualifiant   
   de « loyalistes » ceux qui souvent ne se réclament de la République   
   française que pour mieux l'entraîner au service de leurs inté­rêts et qui   
   prêtaient les plus noirs desseins à des indé­pendantistes qui acceptaient   
   clairement, peu de temps auparavant, d'accompagner « l'Indépendance » d'une   
   « Association », sauvegardant de nombreux liens privilégiés avec la   
   métropole.   
      
      
      
   (p.29)   
      
   La colonisation « punitive »   
      
   Pendant une première dizaine d'années après que les premiers colons se   
   fussent installés autour des garnisons militaires, l'administration, pour   
   favoriser de nouvelles installations, concéda des terres aux nouveaux   
   arrivants. Pour ce faire, il avait fallu dé­cider, en 1855, que toutes les   
   terres non occupées feraient partie du domaine de l'Etat et que les chefs   
   canaques ne pourraient pas disposer du sol pour d'autres que les membres de   
   leurs tribus. Cet acte est à l'origine de la gigantesque spoliation dont ont   
   été victimes les populations canaques. Dès 1859, on décida la constitution   
   des « réserves » avec les terres reconnues nécessaires aux besoins des «   
   indigènes », cette décision visant à limiter les conséquences de celle prise   
   quatre ans plus tôt.   
      
      
      
   (p.31) Dans les années (18)70, la population pénale ( 11 000 per­sonnes), a   
   été deux fois plus nombreuse que la popu­lation libre.   
      
      
      
   IV. - La résistance canaque   
      
   La colonisation rurale s'est opérée peu à peu, en brisant la résistance des   
   Canaques tentant de s'opposer à leur dépossession et à l'obligation dans   
   laquelle le système des réserves exiguës les contraignait - à dessein-de   
   venir chercher un emploi sur les domaines dont ils avaient été spoliés.   
   Toute l'histoire de cette colonisation est ponctuée par des révoltes   
   meurtrières écrasées dans le sang :   
      
   -  en 1858, des tribus, autour de Port-de-France, tuèrent des religieux, des   
   colons et quelques-uns de leurs employés mélanésiens. En réponse, des   
   militaires dévastèrent cultures et villages, obte­nant la reddition du grand   
   chef ayant mené la révolte ; son territoire fut transféré à l'Etat ;   
      
   -  pendant dix ans, de nombreuses révoltes eurent lieu, les Mélanésiens   
   refusant les corvées qu'on voulait leur imposer, s'achevant par la déchéance   
   des chefs et l'exil des tribus loin de leur territoire, incorporé au domaine   
   public ;   
      
   -    en 1878 une révolte éclata, répondant à la pres­sion des colonisateurs   
   pour s'emparer de nou­veaux sols et aux exactions du bétail des propriétés   
   coloniales, qui venait paître dans les réserves. Di­rigée par le chef Ataï,   
   il fallut plus de 3 000 hommes pendant deux ans pour en venir à bout.   
      
      
      
   (p.33) VI. - D'une guerre mondiale à l'autre   
      
   Pendant la première guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie a fourni environ   
   2000 soldats, caldoches mais aussi mélanésiens, alors même que ceux-ci   
   n'étaient pas citoyens.   
      
   Le « réveil » mélanésien s'est amorcé à partir de la première guerre   
   mondiale marquée, sur le terri­toire, par une révolte dirigée par le chef   
   Noël, en 1917. La population mélanésienne, qui avait atteint son plus bas   
   niveau (25 000) s'accrut à nouveau sous le double effet d'une reprise de   
   natalité (qui témoignait d'une reprise de confiance) et d'une baisse de la   
   mor­talité. Il fallut bien consentir à agrandir les « réserves » foncières.   
      
   Le drastique code de l'indigénat, qui avait été imposé aux Canaques et qui   
   en faisait des étrangers dans leur propre pays, fut un peu assoupli et, à   
   partir de 1932, certains Mélanésiens purent acquérir la citoyenneté   
   française.   
      
      
      
   (p.80) L'enseignement a toujours fonctionné comme une puissante machine à   
   éliminer les enfants des classes sociales dominées ; ceci est un trait   
   commun à l'en­seignement français, où qu'il soit dispensé.   
      
   En Nouvelle-Calédonie, ce mécanisme sélectif re­coupe largement les clivages   
   ethniques.   
      
   Dès le départ, les enfants mélanésiens redoublent trois fois plus que les   
   enfants caldoches6 ou d'origine européenne les cours préparatoires, de sorte   
   qu'à l'autre extrémité du circuit, les Canaques ne consti­tuent que 14 % des   
   effectifs étudiants.   
      
   De façon générale, l'inadaptation de l'enseignement aux réalités locales est   
   en partie responsable des échecs scolaires. D'ailleurs jusqu'au début des   
   années 70, l'école publique réprimait l'usage des langues locales,   
   perturbant ainsi tous les apprentissages chez les jeunes Mélanésiens (ainsi   
   que chez les Wallisiens et Poly­nésiens), engendrant redoublements, retards   
   et han­dicaps irratrapables.   
      
   --- SoupGate-Win32 v1.05   
    * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)   

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