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   talk.politics.european-union      The EU and political integration in Euro      25,589 messages   

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   Message 23,983 of 25,589   
   Herisson grognon to Khat Tsang Huit Phe Zho   
   Re: Le giscardien Michel Pinton prend ac   
   25 Jul 15 20:42:40   
   
   XPost: fr.soc.politique   
   From: alain@alussinan.org   
      
   Khat Tsang Huit Phe Zho  wrote:   
      
   > reçu par mail   
   >   
   >   
   >                                     L'Europe de Jean Monnet est morte.   
   >   
   >   
   >   
   >                   L'Europe de Jean Monnet est morte. Elle est passée de   
   > vie à trépas dans la nuit du 12 au 13 juillet 2015. Je le répète,   
   > puisque personne ne semble le savoir : l'Europe de Jean Monnet n'est   
   > plus qu'un cadavre.   
   >   
   >                   Il est donc fini, le temps où les fédéralistes   
   > européens pouvaient affirmer que, grâce aux principes posés par leur   
   > maître, nos nations ne cessaient de progresser vers « une union de plus   
   > en plus étroite ». Fini le processus qui devait « créer un espace   
   > européen de paix, de démocratie et de prospérité ». Finie l'ambition de   
   > « promouvoir le bien-être de tous les peuples » de l'Europe. Il n'en   
   > reste que des mots vides de toute réalité.   
      
      
   Ce n'est qu'un cas banal de promesse avant vote, le lendemain on a mal   
   aux cheveux.   
      
   Alain   
      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
   >                   Comment une œuvre qu'on proclamait impérissable,   
   > a-t-elle pu disparaître aussi soudainement ? La réponse est simple :   
   > l'organisme dont la tête est à Bruxelles a été empoisonné. Et le plus   
   > étonnant, c'est que « l'Union européenne »  s'est administrée elle-même   
   > le poison mortel. Il s'appelle l'euro.   
   >   
   >                 A vrai dire, ceux qui auscultaient attentivement la   
   > santé de l'Union, la savaient malade depuis longtemps, précisément   
   > depuis qu'elle avait commencé d'introduire l'euro dans ses aliments.   
   > Mais personne, moi compris, n'avait prévu une fin aussi bizarre, aussi   
   > caricaturale, que celle qui s'est produite la semaine passée. Pour en   
   > saisir le caractère paradoxal, je propose au lecteur d'examiner ce qu'a   
   > été l'existence de l'Union depuis qu'elle s'est adonnée aux plaisirs   
   > délétères de la monnaie unique.   
   >   
   >                  L'euro a son origine dans le traité de Maastricht   
   > (1992). Son père s'appelle François Mitterrand. Dans l'esprit du   
   > Président français de l'époque, la nouvelle monnaie était un instrument   
   > de politique étrangère : elle devait attacher l'Allemagne tout juste   
   > réunifiée à la France :elle enserrerait le géant germanique dans des   
   > liens juridiques et financiers si étroits qu'il ne pourrait plus jamais   
   > les défaire.   
   >   
   >                   La crainte inavouée de Mitterrand – celle d'une   
   > Allemagne cherchant son destin dans un jeu de bascule entre la Russie et   
   > l'Amérique- était mal fondée et sa parade peu crédible : on ne ligote   
   > pas un grand peuple par le papier d'un traité ni par des procédures   
   > monétaires. Mais elle méritait un débat politique. Il n'eut jamais lieu.   
   > L'idée de monnaie unique fut immédiatement reprise par les disciples de   
   > Jean Monnet et détournée de son but. Ils en firent une fin en soi. Ils   
   > l'entourèrent d'un culte intransigeant. Sa venue serait, selon eux, un   
   > acte historique qui marquerait l'entrée de l'Europe dans une ère de   
   > paix, de démocratie et de prospérité, dresserait un bouclier   
   > impénétrable contre les assauts du reste du monde et attacherait   
   > définitivement nos vieilles nations les unes aux autres dans une unité   
   > fraternelle. Ils proclamèrent que l'Europe ne reviendrait jamais sur un   
   > pas en avant aussi décisif et que le traité de Maastricht n'avait donc   
   > pas besoin de clauses de dissolution. Parmi les nombreux prophètes de   
   > cet accomplissement de l'histoire européenne, citons Michel Rocard : «   
   > Maastricht constitue (sic) les trois clés de l'avenir :il ouvre d'abord   
   > sur plus de prospérité et plus d'emploi, ensuite sur plus de sécurité et   
   > enfin sur plus de démocratie en Europe ».  Je ne veux pas fatiguer le   
   > lecteur en lui infligeant les propos non moins grandiloquents tenus en   
   > 1992 par nos dirigeants actuels, Sarkozy et Juppé, Fabius et Sapin par   
   > exemple. Il reste à indiquer que c'est par ce genre de promesses que nos   
   > responsables politiques arrachèrent au peuple français un consentement   
   > réticent à l'euro (51% des suffrages).   
   >   
   >                   Les institutions de Bruxelles, enthousiasmées par un   
   > projet qui allait leur donner un pouvoir accru, le prirent alors en   
   > mains. La Commission prépara de nouvelles directives et le Parlement   
   > européen multiplia les « résolutions ». « Les Etats membres doivent   
   > réunir au plus vite les conditions de création d'une union monétaire »   
   > proclama ce dernier. Il rappela à ceux qui avaient des doutes, que « les   
   > effets bénéfiques de l'union monétaire sur la croissance économique et   
   > sur l'emploi seraient substantielles pour tous les Etats membres ». Je   
   > peux attester que les rédacteurs de cette affirmation extravagante   
   > étaient sincères.   
   >   
   >                        L'enthousiasme bruxellois était si grand et les   
   > certitudes des disciples de Jean Monnet si enracinées, que les timides   
   > objections qui leur étaient présentées, furent balayées comme des   
   > incongruités. J'ai participé à des commissions parlementaires qui   
   > auditionnaient des spécialistes de la monnaie. La démonstration négative   
   > de l'un cachait, disaient les partisans de Maastricht, la jalousie des   
   > milieux financiers anglo-saxons ; les avertissements d'un autre, son   
   > nationalisme dépassé ; les réserves d'un troisième, son ignorance   
   > foncière. La principale critique qui était faite à l'euro, peut être   
   > résumée en deux phrases : il allait placer des nations dont les vies   
   > économiques et sociales différaient profondément, sous les décisions   
   > uniformes d'un pouvoir monétaire centralisé. Il en résulterait   
   > inévitablement des distorsions lesquelles aboutiraient à des tensions   
   > insupportables. La Commission européenne, agacée, comprit qu'il ne   
   > suffisait pas de déconsidérer les détracteurs de l'euro. Elle leur   
   > opposa une autre théorie « scientifique » : la monnaie unique,   
   > publia-t-elle, loin de créer des distorsions entre pays européens, sera   
   > au contraire un facteur irrésistible de « convergence » économique et   
   > sociale. Grâce à elle, la Grèce et l'Allemagne, la France et le   
   > Danemark, le Portugal et la Finlande atteindront rapidement le même   
   > niveau de vie, le même taux d'emploi, la même prospérité. L'Europe   
   > allait s'unifier par le haut.   
   >   
   >                        C'est sur toutes ces prévisions et promesses que   
   > le projet de l'euro fut mis en oeuvre. Il me paraît indispensable de les   
   > rappeler parce que la validité d'une politique se juge par comparaison   
   > entre les intentions et les résultats.   
   >   
   >                        Les institutions de Bruxelles, emportées par leur   
      
   [continued in next message]   
      
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    * Origin: you cannot sedate... all the things you hate (1:229/2)   

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